Il y a quelques années, j’étais une jeune femme qui se cherchait. Je voulais aider, donner du sens à ma vie, me sentir utile. Et puis un jour, j’ai enfilé ma blouse.
La première fois que je l’ai mise, j’ai ressenti une fierté immense… et une pointe de peur aussi.
Cette blouse, c’était l’aboutissement de trois années de travail, de reconstruction, de quête d’identité.
Elle m’a offert une place dans le monde du soin.
Mais, sans que je m’en rende compte, elle a aussi commencé à m’enfermer.
Au contact des patients, j’ai découvert un métier profondément humain.
Des moments de connexion sincères, des rires, des émotions brutes, des mains qu’on serre sans un mot, des regards et des silences qui en disent long.
Mais il y avait aussi l’envers du décor :
les journées interminables, la fatigue, la charge mentale, la pression, la surcharge de travail et parfois… les pleurs silencieux dans la voiture, après une journée trop lourde.
Et petit à petit, quelque chose s’est éteint en moi.
Je donnais toujours autant — mais je ne me donnais plus rien à moi.
Entre le travail, ma vie personnelle et mes enfants, je m’étais complètement oubliée. Oui… la femme que j’étais sans cette blouse n’avait plus une minute à elle…
La fatigue est devenue chronique.
Le stress, un compagnon de route.
Et un jour, c’est mon corps qui a dit « stop » !
“Bonjour, très chère maladie de Crohn” — ma manière à moi à travers mon corps de crier : “Écoute-toi !”
Ce jour-là, j’ai compris une chose essentielle :
Si je voulais continuer à soigner, je devais d’abord apprendre à me soigner moi-même.
Alors j’ai entamé un autre voyage.
Un voyage vers l’intérieur.
J’ai plongé dans le développement personnel, la connaissance de soi, la régulation émotionnelle et celle du système nerveux.
Et, pas à pas, j’ai réappris à revenir à moi.
À poser des limites sans culpabilité.
À écouter mon corps avant qu’il ne crie.
À prendre soin de la femme derrière la blouse.
Et sans même m’en rendre compte, j’ai rallumé la flamme.
La même flamme qui m’avait fait choisir ce métier…
Mais cette fois, elle brûlait pour moi aussi.
Aujourd’hui, j’accompagne à mon tour d’autres femmes sur ce chemin.
Celles qui, comme moi, ont parfois oublié de s’écouter, de se choisir, de s’accompagner avec la même présence et la même douceur qu’elles offrent aux autres.
Je les aide à retrouver leur énergie, leur sérénité, et surtout, leur lumière intérieure.
Parce qu’on ne peut pas donner sans se nourrir soi-même.
Et que, parfois, le plus grand acte de soin…
C’est simplement d’apprendre à se choisir.